23 juillet 2015

Joëlle Léandre & Serge Teyssot-Gay - Trans 2






Serge Teyssot-Gay : guitare
Joëlle Léandre : contrebasse, voix

 

Joëlle Léandre et Serge Teyssot-Gay sont deux personnes d’expériences. Deux chercheurs voyageurs qui, chacun avec leur parcours, ont appris, car cela se souhaite puis se cultive, à tirer profit des différences, à les chercher plutôt qu’à les fuir, pour mieux sortir de leur zone de confort et donc avancer, toujours.

Si leurs références et leur vocabulaire sont différents, leur première rencontre a montré à quel point leur expression musicale pouvait être complémentaire et leur démarche similaire, dans ce contexte totalement improvisé. Comme souvent avec la contrebassiste, on ne s’embarrasse pas de titres évocateurs. Après avoir nommé leurs improvisations par leur durée sur leur premier disque, ce sont désormais des couleurs, celles de l’arc-en-ciel, donc du spectre de la lumière, qui désignent les morceaux. Cette thématique neutre met en exergue une volonté de privilégier l’intention première, d’appréhender l’échange de manière totalement ouverte, sans orientation préalable. De fait, la musique, comme souvent avec Joëlle Léandre, est une musique de flux, qui peut passer en quelques secondes du murmure à l’orage.

Aux matières rugueuses de l’archet et au chant toujours aussi fantasque de la contrebassiste, Teyssot-Gay mêle ses brouillards électrifiés, ses coups de tonnerre saturés, ses ciels aux nuances infinies. Le disque, en fait un concert enregistré au Triton, est d’une grande beauté car les deux musiciens évoluent sur leur terrain de jeu sans limites comme deux danseurs dont les pas, les gestes, les déplacements ne subiraient aucune contrainte. La musique s’emporte ou s’apaise, il y a des flamboiements, des embrasements, des respirations. Les propositions, de part et d’autre, sont sans-cesse renouvelées et l’on arrive très vite, sans heurts au « Violet » final et ses échanges sereins où, au doigt, la dame esquisse quelques walking bass lunaires. Avant cela, une déclinaison de nuances où l’abstraction exacerbe la musicalité de chacun. Ce duo est une belle aventure, on souhaite qu’elle puisse durer. Pour leur bonheur certainement, et le nôtre.

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