21 juin 2011

Birgitte Lyregaard - "Blue Anemone"






Birgitte Lyregaard : Voix
Alexandra Grimal : Saxophone
Alain Jean-Marie : Piano

Aujourd’hui c’est l’été ! Alors joyeux été à tous, que vos jours soient lumineux et vos nuits douces ! Et quoi de mieux, pour accompagner les soirées alanguies et les songeries nocturnes, qu’un bel album de Jazz vocal qui apaise comme une bonne douche après une journée de plage ? On me pardonnera cette entrée en matière opportuniste et j’en conviens un peu facile puisque la musique de Blue Anemone est prompte à bercer les moments calmes, quelle que soit la saison. Il n’empêche, les beaux jours sont propices à découvrir (c’est mon cas) ou redécouvrir Birgitte Lyregaard, chanteuse qui mériterait à n’en pas douter une exposition médiatique un peu plus importante. Les qualités dont elle fait preuve sur ce disque pourraient lui offrir une place de choix dans le cœur des amateurs de jazz vocal intimiste. Cette Danoise n’est pas attachée à un style et on peut, selon les projets, l’entendre chanter dans des environnements pop, rock ou jazz. Improvisatrice talentueuse dotée d’un joli timbre, elle revisite sur Blue Anemone des standards du jazz américain en compagnie d’Alexandra Grimal et Alain Jean-Marie. 

C’est, pour tout dire, la présence de ces deux musiciens qui m’a donné envie de faire l’acquisition de cet album. Il me paraissait indispensable d’entendre se mêler les élégantes volutes de l’une et les harmonies soyeuses de l’autre, d’autant que je n’avais pas pu me rendre disponible pour écouter le pianiste et son trio jouer consécutivement, sur trois soirées au Sunside, avec Alexandra Grimal, Géraldine Laurent et Sophie Alour. Et en effet, la rencontre est belle. Entre les deux musiciens mais aussi avec Birgitte Lyregaard, et c’est un grand plaisir que d’écouter ces trois artistes interpréter, dans l’épure, ces chansons délicates. Les rôles sont clairement définis : Birgitte Lyregaard interprète les chansons avec une candide sensualité, Alexandra Grimal développe des contrechants subtils, prend des chorus dont la fragilité assumée accentue la beauté, et Alain Jean-Marie, en accompagnateur attentif, porte avec classe et souplesse leurs échanges mélodiques, essaimant tout au long du disque les notes bleues qui réchauffent le cœur. Cette approche, d’un certain classicisme, va dans le sens d’une volonté assumée de rester au plus près de l’esprit original des chansons, de se les approprier sobrement, pour le plaisir d’en proposer une belle version. D’où, je suppose, cette facilité à pénétrer un univers qui nous paraît si familier, tout en se laissant surprendre par le mélange de force et de douceur qui caractérise les trois musiciens. 

Les 10 ballades feutrées de Blue Anemone donnent à entendre un trio qui brille dans la légèreté, qui joue une musique intemporelle avec une désarmante sincérité, exacerbée par une prise de son au plus près des instruments et de la voix. La poésie de l’album tient aussi à l’honnêteté du rendu, puisqu’aucun bruit n’a été gommé (cliquetis des clés du saxophone, souffles, respirations…). C’est là le reflet d’une démarche artistique intègre qui aboutit sur un peu plus de 50 minutes de fraîcheur et de délicatesse.

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