01 février 2011

Maria Laura Baccarini, Yann Apperry & Régis Huby - "All Around"



Maria Laura Baccarini : Voix
Yann Apperry : Lyrics
Régis Huby : Composition / Violon acoustique et Violon Tenor Electro-acoustique
Sabine Balasse : Violoncelle
Jean-Marc Larché : Saxophone
Catherine Delaunay : Clarinette
Roland Pinsard : Clarinette Basse
Olivier Benoît : Guitare acoustique, Guitare électrique
Benjamin Moussay : Piano (sauf sur « All is fire »)
Sylvain Thévenard : Piano sur “All is fire”
Guillaume Séguron : Basse, Contrebasse
Claude Tchamitchian : Contrebasse
Christophe Marguet : Batterie



L’improvisation est au cœur de la musique que nous aimons et défendons. Mais ce qui nous touche, lorsque nous écoutons du Jazz ou autre-chose, c’est la beauté des idées, la richesse des climats, la finesse de l’interprétation, l’implication des musiciens et surtout, surtout, leur propension à nous proposer de belles images propices au voyage, à nous embarquer dans leur univers pour mieux nous déconnecter des difficultés liées au nôtre… Il n’y a pas ici, ou peu, de construction instantanée. Simplement d’époustouflants musiciens qui mettent leur sensibilité au service d’un répertoire dont on doit la musique à Régis Huby et les paroles à Yann Apperry.

La seule réelle soliste du disque est donc Maria Laura Baccarini, qui habite ses textes et fait montre d’une irréprochable technique vocale. Elle arrive à restituer avec beaucoup de musicalité des textes pas si évidents à chanter puisqu’écrits sous forme de poèmes dont la somme constitue un conte écologique dont les personnages principaux sont la narratrice, des animaux, réels ou imaginaires, tout un bestiaire digne des plus grands livres de la littérature Heroïc Fantasy, ainsi que la forêt, qui est à la fois le théâtre et le personnage central de cette œuvre.

Pour porter ces textes, Régis Huby a pensé et composé une bande son évidente et limpide, bien que riche et fouillée. L’instrumentation choisie permet de superposer les volumes sonores et de multiplier les lignes mélodiques. Cordes et vents se croisent, se complètent, se soutiennent, se répondent. Plus on écoute cet album, et plus la finesse des arrangements et la profondeur des alliances de timbres sautent aux oreilles. De cette élégante masse sonore s’échappent de belles phrases pleines de lyrisme. Les influences mêlées du Jazz, de la Pop, de musiques classiques ou celtiques donnent à cette fresque musicale d’éclatants reflets.

Les chansons, pour peu que l’on prenne le temps de les intégrer, de se les approprier, deviennent de beaux refuges dans lesquels l’esprit de l’auditeur pourra vagabonder à loisir, avec le double confort de l’éternelle découverte et du terrain connu. Car si les mélodies s’ancrent facilement en nous, le contenu musical est tel que chaque écoute réserve son lot de surprises, ce qui rend ce disque addictif puisqu’il paraît plus beau à chaque lecture.

Une grande fraîcheur s’en dégage, due à une écriture consonante et pleine de légèreté, à une instrumentation qui privilégie les instruments doux (cordes et bois), et à une rythmique aérée. Christophe Marguet surprend par son jeu binaire original et raffiné, tandis que les Basses et Contrebasses de Guillaume Séguron et Claude Tchamitchian lient ses rythmes à la masse sonore.

Le travail effectué sur les arrangements permet une grande fluctuation de l’intensité de la musique. Sur « Falling Birds », par exemple, le même motif mélodique est développé de façon intimiste ou orchestrale, donnant une dimension onirique ce titre plein de charme. Sur « World Of Mine », un long passage central basé sur une montée en puissance à des cordes permet de donner un nouveau souffle au thème, porté ensuite par des nappes de cordes. Ah, ces nappes de cordes ! Avouons qu’elles font souvent peur aux amateurs de Jazz ! En tous cas moi, elles m’effraient toujours… Je remercie donc Régis Huby de me faire changer d’avis, car elles sont ici magnifiques et servent admirablement la narration, comme sur « As It Goes », titre sensible et poétique au cours duquel Catherine Delaunay et Benjamin Moussay jouent à l’unisson une très jolie phrase mélodique qui en accentue le lyrisme.

Original et totalement abouti, « All around » est un projet qu’il me paraît urgent de découvrir, pour sa musique enivrante, ses textes intelligents, son livret soigné, pour les exceptionnelles qualités des interprètes, parceque le message qu’il délivre est important, parceque ce message est délivré avec intelligence, et aussi parceque ce disque sort complètement des sentiers battus tout en proposant une esthétique simplement belle.

2 commentaires:

newyork212 a dit…

À la première écoute il m'a semblé évident que c'était un album incroyable et les écoutes ultérieures n'ont fait que confirmer les premières impressions. Bravos, bravos, bravos !!!

Nathalie Brignac a dit…

Si vous avez aimé l'album, vous adorerez les voir en concert... le 26 février, au Café de la Danse à Paris