20 janvier 2011

D!evrim - "Hétérotopos"


Evrim Evci : Saxophone Soprano
Max Pinto : Saxophone Tenor
Sébastien Llado : Trombone et Coquillages
Nico Morelli : Piano
Marc Buronfosse : Contrebasse
Antoine Banville : Batterie

+ Frédéric Favarel : Guitare sur « Dans la nuit du 11 au 13 »
Issa Hassan : Bouzouki sur « Zacatin »



Depuis quelques jours je vois les parisiens s’afférer sous leurs parapluies, courir se réfugier dans les stations de Métro ou sous les plastiques des kiosques à journaux. Je vois leurs gants, leurs cache-cols et leurs bonnets de laine. Je vois les mines des mauvais jours.

Pour moi tout va bien, j’ai du soleil dans les oreilles puisque j’écoute « Hétérotopos », le premier disque en leader d’Evrim Evci, dont la plume s’accommode visiblement aussi bien des notes que des mots.

Pour ce premier opus, il a réuni autours de lui une jolie bande de musiciens dont les noms m’incitèrent à faire l’acquisition de ce concentré de bonne humeur. Grand bien m’en a pris.

Chacun est ici à son aise et les beaux riffs de cuivres organisés en chants/ contrechants sont impeccablement mis en valeur par le piano de Nico Morelli, dont s’échappent de délicieux accompagnements gorgés de blues, de groove et de swing, avec les inflexions lumineuses des musiques des suds. La lumière et la danse caractérisent également ses interventions individuelles, remarquables comme sur « Whimsical » ou « Ne m’aime pas ». Le tout est propulsé par un binôme rythmique que l’on prend toujours autant de plaisir à voir et écouter. Les lignes de basse dansantes de Marc Buronfosse, ses soli enchanteurs (« Albissong »), sa sonorité ample et son habituelle justesse se joignent avec naturel au drumming vitaminé et protéïforme d’un Antoine Banville très en verve et au dynamisme communicatif (écoutez-le dynamiter la fin de « Endeka » !).

Les trois soufflants s’amusent comme des fous sur cette musique entraînante, et les soli de chacun (tous trois sont parfaits dans ce registre) sont souvent enrichis de riffs soulfull joués par les deux autres.
L’aspect positif et lumineux des thèmes peut être illustré par la façon dont ils colorent le blues « Dans la nuit du 11 au 13 », qu’ils arrivent à rendre joyeux tout en laissant beaucoup d’espace à la Guitare de Frédéric Favarel, invité sur ce titre.

Evrim Evci déploie un jeu très mélodique au Saxophone Soprano, avec une sonorité claire et chaleureuse qui contraste avec le grain et le phrasé plus nerveux de Max Pinto. Cette complémentarité donne lieu à de très beaux échanges, comme sur « Heckyll & Jyde ». Sébastien Llado s’illustre tout au long de l’album par la douceur cuivrée de sa sonorité au Trombone et l’élégance de ses phrases. On lui doit entre autres l’ambiance doucement nostalgique du titre « Ne m’aime pas ».

Ultime invitation au voyage, « Zacatin » voit les instruments à vent laisser leur place aux lignes orientales de Issa Hassan qui vient sertir « Hétérotopos » d’un dernier diamant. Alors, on se prend à rêver du prochain opus d’Evrim Evci, que l’on espère baigné du même soleil et riche de la même ouverture sur le monde. On souhaite aussi à ce dernier de continuer à entretenir avec ses partenaires de si belles relations musicales, car leurs échanges, que l’on devine issus de la rencontre entre une écriture précise et le feeling des improvisateurs, favorisent la circulation d’une musique que chacun s’est visiblement appropriée. En résulte une réussite totale qui apportera une égale joie d’écoute aux jazzfans avertis et aux non-initiés, car tout ici n’est que plaisir.
Vous pouvez vous procurer cet album rayonnant sur le site de D!evrim:
http://www.devrim.fr/

2 commentaires:

Evrim Evci a dit…

Merci, merci, et merci !

Olivier a dit…

Avec plaisir! Merci à toi pour ce bel album!