15 novembre 2010

Olivier Le Goas - "Sur les corps des klaxons"


Kenny Wheeler : Trompette

David Chevallier : Guitare

Marc Buronfosse : Contrebasse

Olivier Le Goas : Batterie


Olivier Le Goas est un batteur talentueux et un musicien délicat. La liste des musiciens avec lesquels il a joué est impressionnante (en France mais également outre-Atlantique) et ses projets en tant que leader (tous délectables) porte en eux la trace de ces rencontres, de ces influences, de ce vécu indispensable aux musiciens de Jazz.

Après avoir enregistré son premier album (« Gravitations ») avec une équipe américaine (Ralph Alessi à la Trompette, John Abercrombie à la Guitare et Drew Gress à la Contrebasse) puis le second (Seven Ways ») avec un trio hexagonal (Vincent Mascart au Saxophone et Manu Codjia à la Guitare), il nous revient avec un nouvel opus enregistré avec un quartet Franco- Canadien.

J’espère très sincèrement que cet album le mettra enfin sur le devant de la scène car une fois de plus, le projet est aboutit et passionnant.

Le travail de composition (5 titres sont signés par le leader, deux par Kenny Wheeler et un par David Chevallier) est remarquable et les thèmes, tous superbes, ont une coloration singulière. La musique de « Sur Les Corps Des Klaxons » est fraiche et ensoleillée comme une belle matinée d’automne. Autours des thèmes, les quatre musiciens développent un jeu collectif ou l’improvisation se ressent autant chez les accompagnateurs que chez les solistes. Ainsi la batterie d’Olivier Le Goas se fait-elle espiègle et la contrebasse de Marc Buronfosse vagabonde, sans jamais perdre de vue le drive que nécessite leur fonction pulsative. Les cymbales chantantes du premier et les puissantes lignes boisées du second assurent à elles seules le spectacle. Ou l’art et la manière de conjuguer créativité et efficacité.

David Chevallier apporte un charme certain à l’album par la richesse de son vocabulaire et le bon goût dont il fait preuve en termes de son et de placement, que ce soit en soutient mélodique et/ou harmonique. Sur le très agréable « Time Of Colors », il endosse le rôle de soliste et confirme sa capacité à utiliser intelligemment l’espace disponible. Son approche cérébrale de l’instrument (jeu imprévisible et en constante construction) n’exclue pas la fantaisie.

Kenny Wheeler, dépositaire de deux compositions magnifiques dont « Everybody’s Song But My Own » (Délicieuse mélodie portée par un Marc Buronfosse très inspiré), tire de sa Trompette et de son Bugle des filaments de lumières, des phrases dont les notes sont survolées, frôlées, esquissées. Là où beaucoup de ses confrères privilégient le jeu « note à note », il préfère livrer ses idées comme un dessinateur dont les croquis, crayonnés, gardent le charme du premier jet. La discrétion dont il fait preuve a deux avantages : celui de laisser du temps de parole aux trois musiciens avec lesquels il joue (ça tombe bien, ils ont plein de choses à dire !), et celui de rendre chacune de ses interventions précieuses.

Au fil des écoutes, les thèmes nous deviennent familiers, leur développement évident. A la fois tendre et dynamique, le répertoire est servi par des musiciens qui savent mettre tout leur talent au service de cette musique qu’il me tarde de savourer en live.

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