18 octobre 2010

Pierre Christophe Quartet - "Frozen Tears"


Olivier Zanot : Saxophone Alto

Pierre Christophe : Piano

Raphaël Dever : Contrebasse

Mourad Benhammou : Batterie



Délicatesse est le premier mot qui vient en tête à l’évocation du Quartet de Pierre Christophe.

Ne nous laissons pas duper par le titre de cet album : la musique n’y est ni triste ni froide, au contraire. La légèreté et la subtilité de l’ensemble (compositions, interventions individuelles, arrangements) font que chaque écoute de ce très beau disque nous rempli d’allégresse et nous fixe un petit sourire au coin des lèvres.

Photo : DR/X

Tout est beau et équilibré : les thèmes interprétés par Olivier Zanot, leur mise en espace effectuée de main de maître par Pierre Christophe, l’accompagnement discret et ciselé de la session rythmique, les envolées pleines de lyrisme du saxophoniste, les phrases perlées du Pianiste, et surtout la volonté du groupe de servir les compositions avec humilité. Par exemple, le premier titre, « Frozen Tears », est joué en toute simplicité, sans solo ou développement sur la longueur, et ce joli thème se suffit à lui –même.

Photo : DR/X

Des titres plus longs donnent l’occasion aux musiciens de laisser libre court à leur sens du phrasé. On pense notamment aux magnifiques soli d’Olivier Zanot sur le tendre « Ame enfantine » ou le swinguant « That new feeling », au solo inspiré de Raphaël Dever sur « Lost Childhood », qui aboutit à une jolie partie musicale dans laquelle Olivier Zanot et Pierre Christophe conversent en laissant à l’autre quelques mesures avant de reprendre la parole. La continuité qu’ils donnent à leurs discours respectifs et la sensibilité dont ils font preuve éloigne cette approche des 4/4 endiablés du Bop et donnent au morceau une tranquille cohérence et beaucoup de profondeur.

Photo : DR/X

Mourad Benhammou, que l’on sait attaché aux valeurs d’un Jazz intemporel, montre une fois de plus son aptitude à diversifier ses propositions en conservant un drive élégant avec un superbe jeu, aux balais comme aux baguettes. Il trouve en Raphaël Dever un binôme idéal, les lignes pures et veloutées de ce dernier apportant un soutient solide aux développements harmoniques des instruments « lead » tout en s’imbriquant dans la pulsation aérienne du batteur.


Photo : © Yann Renoult

En proposant dix compositions originales, Pierre Christophe nous invite à en savoir plus sur son petit Monde, lui qui avait depuis quelques temps orienté ses productions phonographiques sur la relecture du répertoire de son mentor, Jackie Byard. Grand bien lui en a pris car de ces dix morceaux feutrés se dégage un charme durable.


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