07 septembre 2010

Frank Avitabile Trio au Sunside

Franck Avitabile : Piano

Henri Texier : Contrebasse

Aldo Romano : Batterie

Franck Avitabile a profité de cette fin d’été pour venir rôder au Sunside son nouveau répertoire en compagnie d’Henri Texier et Aldo Romano.



J’apprécie l’exercice, car s’il engendre parfois un manque de précision et quelques cafouillages, il permet aux musiciens de défricher le terrain, de tester des choses et également de rester tout au long du concert dans une position délicate, celle dans laquelle on se doit d’y être, de rester vigilant, attentif. La fraîcheur de l’ensemble compense largement les quelques imperfections d’interprétation, surtout avec un trio de cette trempe.



Le pianiste précise d’ailleurs à la fin du premier morceau que ni les compositions ni leurs titres ne sont définitifs. Tout reste possible, rien n’est figé. Séduisant, non ?

Outre ces nouvelles compositions, très réussies, le trio a repris quelques titres plus anciens de Franck Avitabile et Aldo Romano (notamment son classique « Il Camino ») ainsi que quelques standards, parmi lesquels « Caravan » de Duke Ellingon et « Bemsha Swing » de Thelonious Monk. La présence de ces deux pianistes dans le tracklisting n’est pas anodine. On sent que Franck Avitabile les a beaucoup écouté/travaillé, et l’on retrouve dans son jeu les harmonies bleues et le doigté perlé de l’école du premier ainsi que les placements/ déplacements, la main gauche percussive et le sens de l’espace hérités du second. Mais pas que. Bill Evans est là aussi. Il est gorgé de swing, le piano de Franck Avitabile, jamais dissonant mais toujours joueur, toujours sautillant. Il est l’une des synthèses possibles de l’histoire du piano Jazz.



Tout au long des deux sets, ballades et morceaux enlevés se succèdent, les soli s’enchainent, les unissons Piano/Contrebasse viennent apporter ici et là leur pincée de poésie. Henri Texier est tout à fait à l’aise dans ce contexte, déployant tout son savoir faire en matière d’accompagnement straight (Walking Bass rondes et boisées) et profitant des espaces que le pianiste lui aménage pour faire naître de ses doigts des phrases si belles que l’idée de les savoir déjà perdues me peine. Tant pis, j’attendrai de le voir à nouveau pour en avoir d’autres…



Ce répertoire va faire l’objet d’un disque, ça j’en suis sûr. En revanche, je ne sais pas s’il sera enregistré avec cette formation. Gageons que Franck Avitabile aie la bonne idée de poursuivre en studio ses échanges entamés l’an dernier lors d’un hommage à Boris Vian, au cours duquel Elise Caron étaient venue poser sa voix sur la musique de ce trio auquel je souhaite bien des choses.





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