03 juin 2010

Alain Vankenhove - "Beyond Mountains"

Alain Vankenhove : Trompette, Bugle

Benjamin Moussay : Claviers, Laptop

Jean-Luc Lehr : Basse, Effets

Eric Echampard : Batterie




Pour son premier effort en tant que leader, le trompettiste Alain Vankenhove, que l’on a pu entendre, entre autres, aux côtés de Christophe Marguet (« Reflections »), Sébastien Texier (« Chimères ») ou Marc Ducret (« Qui Parle ? ») a choisi de confronter la sonorité organique, charnelle de sa trompette à un environnement anthracite et urbain où se mélangent matières lisses et rugueuses.

Le contraste né de la juxtaposition des courbes du soufflant et des lignes et cassures anguleuses des musiciens qui l’accompagnent donnent à « Beyond Mountains » une esthétique propre. Le chant du cuivre se détache comme une couleur vive sur une toile en niveaux de gris, comme un arbre en fleur au milieu des tours de verre et de l’asphalte.



Le travail d’architecture est remarquable, avec son lot de trompe l’oreille, comme ce jeu d’accélération./ décélération du rythme sur « Sentiment D’elles », morceau dans lequel Eric Echampard joue avec le tempo comme un gamin lassé de la monotonie d’une course régulière qui préfère trottiner sur place pour prendre un peu de retard, puis courir pour le rattraper, prendre un peu d’avance et se remettre à trottiner, insolence réservée à ceux que les capacités dispensent de toute sagesse.



Il trouve en Jean-Luc Lehr un interlocuteur idéal pour développer des rythmiques puissantes et syncopées. Le batteur et le bassiste étonnent par la justesse de leur placement et leur propension à complexifier le squelette pulsatif. Jazz, Rock, Funk, Fusion, Drum & Bass, tout passe à la moulinette pour un rendu moderne et tranchant qui participe largement à l’identité sonore du projet.



Benjamin Moussay, très présent en ce moment (Au sein du Sounds Quartet de Marc Buronfosse, du « Spoonbox » de Claudia Solal, des « Skyriders » de Laurent Robin ou encore avec son propre trio, dont le nouvel album ne devrait pas tarder), s’attache ici à travailler la pâte sonore, en l’occurrence du métal liquide brûlant qui se répand dans les compositions, s’infiltre au cœur de la rythmique, coule le long des mélodies, s’étale sur le silence.



Dans cet environnement, les mélodies du trompettiste trouvent matière à prendre de l’altitude, comme sur « Ideal City », où la montée en puissance du quartet nous donne l’impression de voir sortir de terre une cité aux édifices vertigineux.


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