18 mai 2010

Marc Buronfosse Sounds Quartet - "Face The Music"


Jean-Charles Richard : Saxophones Soprano et Baryton, Flûtes

Benjamin Moussay : Piano, Claviers

Marc Buronfosse : Contrebasse

Antoine Banville : Batterie, Percussions



C’est un réel plaisir de retrouver Marc Buronfosse à la tête d’un Quartet de cette trempe, lui que nous écoutons depuis tant d’années sur des projets qui ont fait date (du premier quartet de Bojan Z au Brass Project de Stéphane Guillaume, en passant par le Flower Unit de Bertrand Renaudin, le Quintet Océan d’Isabelle Olivier ou le Quintet Horizon de Gueorgui Kornazov…).


©Laurent Thion

Pour son premier opus en tant que leader, il s’est entouré de trois musiciens qui partagent avec lui un sens affuté pour la mélodie et sa mise en perspective. Les neuf morceaux du disque sont caractéristiques du mouvement musical dans lequel s’inscrit le contrebassiste, un Jazz qui sait mêler la lisibilité d’une écriture soignée et l’emportement de l’improvisation. Et l’un ne va pas sans l’autre, les thèmes représentant des diamants bruts que les quatre musiciens sculptent et polissent pour en révéler l’éclat. L’improvisation est collective, l’interplay constant.

Ce qui frappe avec la musique du Sounds Quartet, c’est que l’absence de compromis ne nuit jamais au plaisir d’écoute. Chaque musicien est libre dans son expression, libre de laisser ses idées faire leur chemin. Ainsi, l’album est parsemé de magnifiques interventions personnelles (les chorus du leader sur « Jennyfer’s Mood » ou « Mirrors », l’impressionnant solo de saxophone soprano de Jean-Charles Richard sur « Illinx Bassline », le drive d’Antoine Banville sur « A.O.C », L’envolée pianistique de Benjamin Moussay sur « After The Second Round », etc., etc., etc.…) ainsi que de multiples passages de relais, tous astucieux. Par exemple, sur « Jennyfer’s Mood », Jean-Charles Richard reprend au vol une phrase de Benjamin Moussay, et débute ainsi son intervention dans la continuité de celle du pianiste. Ensuite, leurs discours se mêlent, comme un faux jeu de question/réponse ou chacun semble s’amuser à déstabiliser l’autre. Même chose sur « A.O.C. », mais les rôles sont inversés… Le tout est interprété avec beaucoup de spontanéité.


©Laurent Thion

Il en va de même pour tout l’album, qui respire la sincérité et la joie de jouer. Ecoutez le morceau d’ouverture, « Mirrors », et laissez vous transporter par l’introduction à la contrebasse et le subtil accompagnement des trois autres, en touches éparses et volutes suspendues, comme dans un songe. Magnifique entrée en matière, tout en finesse. Ensuite les morceaux se suivent sans se ressembler.

« The Cherry Tree » démarre avec un motif de contrebasse qui gagne en épaisseur, les shakers d’Antoine Banville se substituent à la batterie, et, après quelques échanges torsadés entre flûte et claviers, le saxophone Baryton s’exprime sur des accords lumineux du Piano et une rythmique soudée…

Sur « A.O.C. », on comprend dès l’introduction Batterie/ Saxophone que le swing règne en maître, avec à la clef des Walking Bass tonitruantes et accords syncopés…


©Laurent Thion

Puis vient la suite « Before The Second Round » / « After The Second Round », où le quartet nous inonde de sonorités plus pleines, en développant dans la première partie un univers chargé autours d’une incantation chantée tour à tour par la Contrebasse, le Saxophone puis les touches électrifiées de Benjamin Moussay, puis dans la seconde partie un paysage à la fois doux et inquiétant, traversé par le souffle moyen-oriental du Shehnai.

Sur « Serial Blues », Marc Buronfosse ensorcelle par son sens du placement et Antoine Banville par la légèreté de son touché, tout comme sur « Jennyfer’s Mood », où la danse de ses balais est à elle seule un exemple de musicalité.

L’écriture se fait plus incisive sur « Illinx Bassline » puis l’album se clôt avec le sublime morceau « Treize », durant lequel, après une intro rêveuse (rêvée ?), le Piano s’envole, soutenu par la Contrebasse et le Saxophone Baryton, avant un unisson final qui, je l’espère, est une ouverture sur un second opus du Sounds Quartet.


©Laurent Thion

Avec « Face The Music », Marc Buronfosse réussit à allier une musicalité sans faille, car sa musique est éminemment mélodique, et une énergie due à l’implication, le talent des musiciens qui l’accompagnent, et surtout à leur volonté de jouer ensemble.

Je vous invite à consulter la page Myspace de Marc Buronfosse pour découvrir quelques morceaux :

http://www.myspace.com/marcburonfosse.

Vous pouvez vous procurer cette petite perle sur le site de Marc Buronfosse : www.marcburonfosse.com ou sur demande à contact@marcburonfosse.com.


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