11 mai 2010

Alexandra Grimal - "Owls Talk"


Alexandra Grimal : Saxophones Soprano et Tenor

Lee Konitz : Saxophone Alto

Gary Peacock : Contrebasse

Paul Motian : Batterie



Quelques semaines seulement après la sortie du magnifique « Seminare Vento », Alexandra Grimal sort un nouvel album sous son nom. Elle est ici entourée, excusez du peu, de Lee Konitz, qui il y a quelques décennies proposa un autre chant que celui de l’oiseau, de Gary Peacock, expert ès lignes boisées et élastiques, ainsi que de Paul Motian, qui fût l’un des premiers (le premier, non ?) batteurs à sortir du cadre pulsatif, ouvrant ainsi, au sein du trio de Bill Evans, une porte menant vers tous les extérieurs.



La formation, en fonction des morceaux, est à géométrie variable. On pense à un illustre Trio de la même famille musicale, celui de Jimmy Giuffre, Paul Bley et Steve Swallow. Cette comparaison n’est pas seulement liée au phénomène de « présence silencieuse » des musiciens, mais tient aussi à la teneur musicale du projet, cette façon de jouer avec la mélodie, de bâtir autours d’elle une architecture complexe aux lignes de fuite multiples. Les musiciens nous laissent ici le loisir de rêver leur musique, l’espace concédé permettant à l’auditeur de laisser libre cour à son propre imaginaire. Voilà qui est stimulant ! Que mes propos soient clairs : la musique peut bien se passer de nous, mais elle nous invite… Cela se refuse-t-il ?


Pour ce qui est du répertoire, Alexandra Grimal signe ou co-signe plusieurs compositions originales. D’anciens titres sont également repris, comme « Dance » de Paul Motian. Si le discours des quatre musiciens est cohérent, il en va de même pour l’écriture, les 15 titres formant un ensemble très homogène. Nous avons même l’occasion d’écouter une « alternate take » du titre « Awake », l’occasion de mesurer la liberté d’interprétation du quartet.




L'album se conclut par un morceau interprété en solo absolu par Alexandra Grimal, et l’on imagine facilement le regard bienveillant des trois géants, fiers d’entendre une représentante de la nouvelle génération exploiter avec autant d’à-propos et de fraicheur ce qu’ils ont apporté au Jazz.


Sacré rencontre, grand album.



Aucun commentaire: