22 avril 2010

Christophe Marguet "Résistance Poétique" Quartet - "Buscando La Luz"


Sébastien Texier : Clarinette, Clarinette Alto, Saxophone Alto

Bruno Angelini : Piano

Mauro Gargano : Contrebasse

Christophe Marguet : Batterie



La constance n’est pas la moindre des qualités de Christophe Marguet. Disque après disque, de projet en projet, il promène ses baguettes, ses balais et sa poésie avec toujours autant de bonheur en dessinant à chaque fois un peu plus les contours d’une identité musicale unique.

« Itrane », de l’avis même du batteur, était une sorte de retour aux sources, puisqu’après l’indispensable « Résistance Poétique » enregistré avec Sébastien Texier et Olivier Sens, Christophe Marguet avait eu l’excellente idée de viser la même cible en diversifiant ses angles de tir avec les passionnants « Les Correspondances », « Reflections » et « Ecarlate ». La création du quartet « Résistances Poétiques » (clin d’œil au premier album) lui a permis de capitaliser sur ses expériences et de pousser plus loin encore le travail de composition (toujours exemplaire), la mise en forme et surtout la profondeur d’un discours collectif où chacun met à disposition d’une musique littéraire et sensible ses formidables qualités techniques et musicales. Le premier album du quartet avait donc été plébiscité, à juste titre, par une presse enthousiaste et un public conquis (je l’affirme en me remémorant les mines réjouies des heureux spectateurs du concert de lancement de l’album au Sunside…).



De fortes attentes étaient placées sur ce second opus. Il tient toutes ses promesses.

« Buscando La Luz » s’inscrit dans la continuité de l’album précédent, avec des compositions soignées interprétées avec audace et simplicité, sans effets superflus ni bavardages. Le quartet prend le temps de développer les morceaux en travaillant principalement sur l’intensité du jeu. Les interventions individuelles servent à tirer le jeu vers le haut, chaque « accompagnateur » cherchant systématiquement à mettre en valeur les phrases du soliste. Et lorsque l’on revient au thème, la douce accalmie nous permet de nous apercevoir à quel point les musiciens nous ont emmené loin.

Chacun des quatre musiciens dispose d’espaces suffisamment larges pour construire ses interventions, prendre le temps de laisser les phrases venir sans les forcer, ce qui apporte beaucoup de naturel et un sentiment d’évidence. L’écoute n’en est que plus agréable et facile, malgré la sophistication des arrangements.

Que ce soit au niveau de leur ambiance ou de leur architecture, la variété des pièces proposées contribue à la consistance de l’album et à la beauté du voyage. De « Two Hands For Eternity », morceau d’ouverture où l’on reconnaît immédiatement la patte du leader, jusqu’à « La méduse », qui clôt l’album, où le quartet, en suspension, semble évoquer sa propre musique pour peu à peu la rendre saisissable. Et saisissante.

Je vous laisse le soin, car je ne doute pas un instant que vous ferez l’acquisition de ce petit chef d’œuvre, de partager avec Christophe Marguet, Sébastien Texier, Bruno Angelini et Mauro Gargano ces quelques 56 minutes durant lesquelles il est question des belles choses de la vie. Leurs notes seront plus parlantes que mes mots.

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