21 mars 2010

Vincent Peirani - "Gunung Sebatu"

Vincent Peirani : Accordéon
Vincent Lê Quang : Saxophone Soprano
+ Sylvain Luc : Guitare
Serena Fisseau : Voix






Vincent Peirani s’impose depuis quelque temps déjà comme une voix singulière dans le paysage du Jazz Français.
Multipliant les collaborations dans différents contextes, on a pu le voir, et surtout l’écouter, au sein de formations aussi variées que réjouissantes. Citons, de façon non exhaustive et dans le désordre, le Quintet de Mathias Levy (manouche), Melosolex (Groupe de Jazz déglingué dont il est l’un des trois membres, les deux autres étant les excellents Frédéric Gaspard et Denis Charolles), Le Baby Boom de Daniel Humair (Pierre de voute), United Colors Of Soddhom (Jazz/Trash), ainsi que l’exceptionnel quartet de Daniel Humair (avec Emile Parisien et Sébastien Boisseau) dont j’attend avec une impatience non dissimulée les prochains concerts et traces phonographiques.





Jazz Contemporain, Manouche, Trash… Sur le papier ça peut surprendre, mais à chaque fois Vincent Peirani est là, entier, rappelant que la personnalité d’un musicien peut (doit ?) s’épanouir dans la pluralité. A chaque fois il amène sa musique dans la musique, et repart avec un peu de celle des autres.

Si sa personnalité musicale est sans ambigüité, un mystère planait pour moi, non pas sur le fond, mais sur la forme de cet album, le premier qu’il publie sous son nom. Il faut dire que je n’ai jusqu’à aujourd’hui jamais pris le temps ou eu la chance d’écouter le duo que l’accordéoniste forme avec Vincent Lê Quang.




L’écoute de « Gunung Sebatu » m’a donc permis de combler en partie cette lacune (il faut aussi les voir en live !) puisque la majorité des morceaux sont interprétés par le duo. Seuls quatre titres sont joués en semi-solo (plusieurs pistes d’Accordéon sont superposées sur le très sensible « Miniatures »), duo Accordéon/ Guitare (« Truc’Muche », qui ouvre l’album, est un morceau de musette manouche sur lequel s’illustre un Sylvain Luc très en verve), en trio Accordéon/ Saxophone Soprano/ Guitare (« Les yeux du jour » voient Sylvain Luc se faire plus bruitiste pour colorer la musique du duo…) et aussi un trio Voix/ Accordéon/ Saxophone Soprano pour le morceau qui donne son titre au disque, sublime chanson où la douceur Balinaise de Serena Fisseau vient à la rencontre de la poésie de Vincent Peirani et du lyrisme de Vincent Lê Quang.


Sur les sept autres titres, l’évidente complicité de ces derniers permet à leurs discours de se mêler avec beaucoup d’élégance, les rôles de soliste et accompagnateur passant de l’un à l’autre sans casser le rythme des morceaux ou l’harmonie de l’ensemble. La formule Accordéon/ Saxophone Soprano est d’une légèreté bien venue et l’album, très digeste, s’écoute et se réécoute avec toujours autant de plaisir.




Voilà un album plein de fraîcheur dont la simplicité n’est pas la moindre des richesses. C’est suffisamment rare pour être précisé.






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