14 mars 2010

Henri Texier Red Route Quartet Au Duc Des Lombards




Sébastien Texier : Saxophone Alto, Clarinette, Clarinette Alto

Manu Codjia : Guitare

Henri Texier : Contrebasse

Christophe Marguet : Batterie



Sous l’égide d’Henri Texier, le Red Route Quartet réunit quatre des plus passionnants musiciens (chacun leaders) de la scène Jazz. La musique d’Henri Texier, dont la force d’évocation et la profondeur ne peuvent laisser indifférent, se nourrit des apports des trois autres membres du Quartet. Leurs projets respectifs sont tous indispensables et l’équilibre trouvé par la formation (entre chants d’amour et hurlements révoltés, architecture complexe et lisibilité) doit beaucoup à la faculté des quatre hommes à développer un discours varié et toujours cohérent. La scénarisation des concerts renforce encore ce sentiment d’évidence.




Les deux sets joués au Duc Des Lombards en sont une parfaite illustration.

Mêlant avec élégance des standards joués avec beaucoup de sensibilité (« In A Sentimental Mood », « My One And Only Love ») ou de folie (L’incroyable chase de Sébastien Texier et Manu Codjia sur « I Love You »…) à des compositions historiques d’Henri Texier (« Amazon Blues », « Mosaic Man », « Sommeil Cailloux »…), la set list a permis de jeter un pont entre anciens et nouveaux standards.

Sébastien Texier exploite sur ses différents bois une palette d’émotions très large. Des volutes lisses et profondes murmurées aux cris incisifs et brûlants, il chante ici l’amour, là la révolte sans utiliser d’artifices et avec un discours sans cesse renouvelé. Ne passez pas à côté de son superbe projet « Don’t Forget You’re An Animal », dont nous avons parlé ici.



Les harmonisations colorées et interventions mélodiques rêveuses de Manu Codjia mettent en lumière la musique si typée du quartet. Ses éclairages définissent des zones d’ombres ou de lumière qui mettent en relief le jeu de ses partenaires. Le son du quartet est totalement différent s’il souligne une mélodie ou invente un paysage d’arrière plan. L’écoute de son album éponyme illustre bien cette polyvalence. Nous vous le recommandons.



L’écoute des projets personnels de Christophe Marguet montre à quel point la mélodie est centrale dans son jeu. La musicalité de son drumming, alliée à un drive des plus efficaces, lui permettent de maintenir un swing constant, qu’il soit aérien (écoutez ses balais caresser les peux, effleurer les cymbales sur les ballades) ou plus ancré dans le sol (Magnifique solo sur « Mosaic Man », au cours duquel le martellement des toms n’a jamais été utilisé au détriment du propos, quelle énergie !). En attendant la sortie de « Buscando La Luz », je ne peux que vous conseiller de revenir sur les opus passés dont vous trouverez une liste ici.



Henri Texier a toujours su fédérer de fortes personnalités musicales autour de projets singuliers. Le Red Route Quartet, continuité resserrée du Strada Sextet, en est une parfaite illustration. Le format plus léger permet plus d’interactions entre les musiciens. Mais pour interagir, il faut avoir de l’espace ET du soutient. Les talents de compositeur, d’organisateur de musiques et de contrebassiste Henri Texier apportent la souplesse et les propositions nécessaires à l’épanouissement d’un groupe décidément hors normes.



















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