17 février 2010

Louis Sclavis, Alain Damiens, Bruno Chevillon et Gilles Durot – « Intersessions 5 » au Triton


Louis Sclavis : Clarinettes
Alain Damiens : Clarinettes
Bruno Chevillon : Contrebasse, Electronics
Gilles Durot : Percussions, Marimba




Pour la cinquième édition de ses « Intersessions », l’équipe de programmation du Triton a réuni deux acteurs incontournables de la scène « Jazz et Musiques improvisées » et deux membres de l’Ensemble Intercontemporain.

On connaît la propension de Louis Sclavis et Bruno Chevillon à flirter avec le vide, à exploiter leur incroyable technicité (qui paraît sans limite) dans des contextes musicaux inconfortables, se poussant dans leurs derniers retranchements pour aller chercher l’inspiration salvatrice, et ainsi renouveler et enrichir leurs propos. A ce titre, leur Jazz se rapproche souvent d’une musique que l’on qualifie de « contemporaine ».




Leur association avec Alain Damiens et Gilles Durot, deux musiciens de l’Ensemble Intercontemporain, n’est donc qu’une demi-surprise, mais pour moi une totale découverte, car je n’ai à ce jour jamais pris le temps de m’immerger dans la musique de ces derniers.

Excellente mise en bouche, donc, que ce concert en 2 sets passionnants de bout en bout.

Louis Sclavis trouve en Alain Damiens un précieux complice. Leurs jeux respectifs sont finalement assez proches dans le fond bien que très éloignés dans la forme. Tous deux développent un jeu très expressif, souvent proche du parlé. Ils s’en sont donné à cœur joie, s’exprimant de façon très théâtrale. Une complicité évidente s’est installée entre les deux soufflants. Il y a eu entre eux beaucoup d’échanges de regards et d’idées.



A leur droite, Bruno Chevillon. Lui, sont tabouret, sa Contrebasse, ses accessoires (Mailloches, archets, balais baguettes, médiator…) et sa quinzaine de pédales d’effets !!!
Outre un jeu aussi impressionnant en Pizzicato qu’à l’archet (quel contrebassiste !), ses contributions à cette musique singulière passèrent par sa talentueuse utilisation des effets. Sa contrebasse a ainsi pu se démultiplier (Loooops !!) et la superposition, à certains moments, de plusieurs notes jouées à l’achet a pu apporter une dimension orchestrale, celle-ci étant immédiatement distordue, démembrée par d’autres effets…Festival d’idées organiques et électroniques (ce qui n’est pas sans rappeler son excellent album, « Hors Champs »…).


Derrière, occupant environ 25m2, le stand de percussions de Gilles Durot, avec notamment un magnifique Marimba aux dimensions vertigineuses et une fine plaque de métal suspendue à la verticale…
On aurait pu s’attendre à un déluge démonstratif, nous avons eu une démonstration de pertinence parcimonieuse… Aussi indispensables que discrètes, les interventions du percussionniste ont largement contribué à la mise en son d’une atmosphère unique et lunaire.




La volonté de se placer dans une situation délicate semble avoir été le maître mot lors de la préparation de ce spectacle, car les musiciens n’ont prévu aucune branche à laquelle se raccrocher. Une prise de risque payante aux vues de la qualité de leur prestation.

Un très beau moment de musique libre dont on espère voir et entendre une suite prochainement…

En attendant, une petite vidéo:



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