03 janvier 2010

Tom Harrell Quintet au Sunside

Tom Harrell : Bugle, Trompette
Wayne Escoffery : Saxophone Tenor
Danny Grissett : Piano
Ugonna Okegwo : Contrebasse
Johnathan Blake : Batterie


Il y a quelques semaines, je suis tombé en arrêt à l’écoute de Tom Harrell, musicien sensible et raffiné qui a brillé lors du concert du Quintet de Baptiste Trotignon à Pontoise. Sa prestation m’avait donné envie de le voir jouer en tant que leader et en club.

Souhait exaucé avec le passage de son Quintet dans la rue des Lombards.


Le concert fût à la hauteur de mes espérances.
Les cinq hommes ont développé une musique Bop de très haut niveau. Les compositions de Tom Harrell sont magnifiques et le groupe utilise avec modernité les vieilles ficelles inusables d’une musique toujours aussi troublante.

Une batterie sèche et dynamique (multiplication de petites frappes appuyées pour moderniser le jeux des anciens), une contrebasse tout en souplesse (soutient efficace et balladeur, lignes inventives et jolie sonorité), un piano aérien dans l’accompagnement (pourtant le développement harmonique est très riche, on pense parfois à McCoy Tyner) et enflammé lors des solos (Très beau phrasé swinguant et bluesy, fulgurances de la main droite, main gauche paysagiste) pour une rythmique impeccable dans les morceaux Bop comme dans les ballades, au swing constant et au raffinement de tous les instants.



Sur cet écrin, les deux soufflants viennent déposer quelques bijoux.


L’énergie brute de Wayne Escoffery et la poésie lunaire de Tom Harrell sont parfaitement complémentaires et ils arrivent à retrouver l’équilibre qui a permis, il y a quelques décennies, à un certain Miles Davis et un certain John Coltrane de graver des faces parmis les plus essentielles de la musique contemporaine.

Wayne Escoffery fut d’ailleurs une très belle rencontre. Quel saxophoniste ! Quel son ! Sa maîtrise technique impressionnante est toujours mise au service d’un jeu réfléchi et de chorus construits. Beaucoup de grain dans les graves, des aigus clairs et puissants et pas d’effets brouillons ou de montées/descentes en guise de remplissage.


Tom Harrell, avec sa sonorité moelleuse et ses volutes de notes choisies, semble parfois pouvoir décrocher la Lune au détour d’une phrase. Simple et touchant, son jeu m’a enthousiasmé tout au long de ce fabuleux concert.

Ce Quintet vient de sortir un album, « Prana Dance ». Je l’ai commandé sur Amazon, dès que je le reçois je vous dit s’il est représentatif du jeu développé en Live par ce Quintet ou non. Si c’est le cas, je risque fort de vous le conseiller chaleureusement….


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