20 janvier 2010

Henri Texier Red Route Quartet et Frédéric Pierrot - "Prévert Blues"


Frédéric Pierrot : Comédie/ Interprétation

Sébastien Texier : Saxophone Alto, Clarinette Alto, Clarinette

Manu Codjia : Guitare

Henri Texier : Contrebasse

Christophe Marguet : Batterie



Nous pénétrons dans la salle.

Les sièges sont disposés en arc de cercle devant la scène.

Sur celle-ci, nous pouvons voir les instruments (les bois, la guitare miel, la vieille et la batterie) ainsi que des éléments de décor dont je ne dirai rien ici pour ne pas altérer l’effet de surprise au cas où vous ayez la chance d’aller voir ce spectacle… J’en mentionne simplement l’existence pour expliquer que ce spectacle est réellement mis en scène, qu’il s’agit bel et bien d’un mélange réussi entre pièce de théâtre et concert de Jazz.


Le terme « mélange » me parais même un peu désuet tant la musique d’Henri Texier est gorgée de poésie et le jeu de Frédéric Pierrot empreint de swing. Leur langage est différents mais leurs propos convergent, à tel point que les mots de Prévert semble avoir été écrits sur partitions.




Pour ma part je connais peu Prévert et très bien Texier. « Prévert Blues » fut pour moi une belle entrée en matière pour découvrir le premier et une jolie création couplée d’une magnifique rétrospective du second.


Rétrospective car des titres incontournables y sont repris (Très jolie version de « Sommeil Cailloux », le thème de « Simone Signoret », une belle mouture de « Mozaic Man », avec un solo de guitare bienvenu… et j’en passe).


Création car des morceaux inédits y sont interprétés. Mais en plus de ces morceaux, il y a tout ce que j’appellerai le matériel liant, toutes ces parties musicales écrites pour illustrer certaines scènes ou pour lier les morceaux entre eux. Ces petits interludes, ces transitions et trames de fond qui immergent totalement le spectateur à l’intérieur du récit.


La musique est majoritairement douce, ponctuellement exigeante, toujours sublime. Henri Texier, je ne vous apprends rien, est un fin mélodiste dont le jeu évoque. Les contrées lointaines, la nostalgie, la curiosité, le partage, les matières nobles, les contre-jours. Oui c’est ça. Il évoque.


Autours de lui, Sébastien Texier prête sa jolie sonorité (au saxophone comme aux clarinettes) aux mélodies et son inspiration aux chorus (Ceux-ci, dans le cadre de ce projet, sont peut être plus sages qu’à l’accoutumée. Mais tout aussi beaux.) ; Manu Codjia mêle feeling et couleurs, précision et folie (Paysages chatoyants, phrasé clair et incisif sur les soli) et Christophe Marguet transforme la pulsation en vibration (son drive imparable et générateur d’un swing palpable est décidément l’un des plus précieux aujourd’hui…). Ceux qui ont eu l’occasion de voir et écouter le Red Route Quartet voient probablement de quoi je parle.



Au milieu de tout ce petit monde, Frédéric Pierrot envahit la scène, l’occupe, s’occupe. Il vit. Il marche, écrit, range, peint, dors, chante, décore. Il vit ses personnages et leurs textes. Il vit la musique et y participe.


Loin de se télescoper, le Jazz et le Théâtre s’épousent, se nourrissent l’un de l’autre.


On ne parle jamais assez des techniciens sans qui les spectacles ne seraient pas ce qu’ils sont. Alors je cite Charles Caratini et Alain-Bernard Billy grâce à qui le son et l’éclairage furent parfaits.


Cette représentation qui a eu lieu à Combs la Ville était la dernière prévue jusqu’à nouvel ordre. Je souhaite vivement, pour Frédéric Pierrot et le Red Route Quartet, pour le Théâtre, pour le Jazz, pour ceux qui ne l’ont pas vu et pour moi qui ai envie de le revoir, que ce fabuleux spectacle soit à nouveau programmé. Si c’est le cas nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

1 commentaire:

brege a dit…

Bravo Olivier,

Ca donne vraiment envie d'aller à leur rencontre. ah! le père Henri à toujours un as dans la manche....

Bravo à tous

Amicalement,

Nicolas