13 décembre 2009

Sébastien Texier Quartet au Sunset

Sébastien Texier : Saxophone Alto, Clarinette, Clarinette Alto
Claude Tchamitchian : Contrebasse
Henri Texier : Contrebasse
Sean Carpio : Batterie





On attendait avec beaucoup d’impatience ce concert puisque « Don’t forget you’re an animal », l’album du trio de Sébastien Texier, fait partie des disques que l’on écoute beaucoup depuis sa sortie.

Si Henri Texier était invité sur trois titres sur l’album, il participe à tous les morceaux en concert, et le Trio se transforme donc en Quartet.

Ce Quartet magique et original nous a offert un concert de premier ordre.







Quasiment tous les morceaux du disque ont été repris, à l’exeption de « Broken Worlds », morceau imaginé pour le studio et peu adapté au live.
Tous les autres titres ont été joués, souvent de façon plus incisive que sur le disque, à l’image du titre « La fin du voyage », au cours duquel les quatre musiciens ont développé un Free Jazz brut et intense aux réminiscences Ayleriennes, pour notre plus grand plaisir. Sur tous les morceaux la finesse de l’écriture fait mouche et je tiens à saluer le travail des deux contrebassistes, dont la complémentarité fut exemplaire (Henri Texier et ses histoires de voyages, Claude Tchamitchian et son jeu à l’archet impressionniste), apportant une rare puissance à la formation. En pizzicato ou à l’archet, ils se sont visiblement beaucoup amusé, et nous ont gratifié de quelques très beaux moments, que ce soit sous forme de questions/réponses, de parties complémentaires (L’un tiens le riff de basse, l’autre enrichit, solote, et de quelle manière !!!...) ou parfois de parties de walking-bass juxtaposées, comme dans le morceau éponyme de l’album.

Entouré par ces deux géants boisés, Sean Carpio s’est montré particulièrement à l’aise. Tout sourires, il a pu imposer son style au milieu de trois fortes personnalités musicales. Futs effleurés de façon poétique et légère sur les morceaux calmes, martelés sur les morceaux plus tendus. Superbes effet de « stop and go » lors de ses chorus, chabadas impeccables sur les cymbales… Tout y est, y compris une sonorité travaillée et maîtrisée (futs accordés au jeu de cymbales, travail sur les timbres…)




Sébastien Texier semble livrer la somme d’expériences accumulées au cours de ses presque-vingt-ans de carrière (tout de même !).
Que de belles expériences ! De ses contributions essentielles aux albums et projets d’Henri Texier (« Mosaic Man », « Mad Nomads », « Remparts d’Argile », « String’ Spirit », « Holy Lola », « (V)ivre », « Alerte à l’eau », « Love Song Reflexions », « Prevert Blues » ect…) à ses propres formations (son trio avec Nicolas Mahieux et Jacques Mahieux, son quintet avec Gueorgui Kornazov et Alain Vankenhove…) en passant par ses nombreuses collaborations à des projets majeurs du Jazz Français (le groupe « Ocean » d’Isabelle Olivier, « Résistance Poétique », « Les Correspondances », « Ecarlate » ou « Itrane » de Christophe Marguet, le Xtet de Bruno Regnier, « La part de l’ombre » de François Merville, « L’obsessionniste » avec Edouard Bineau…) il est depuis de nombreuses années un des acteurs incontournables de la scène Jazz et musiques improvisées d’aujourd’hui.

Son dernier album le confirme, tout comme un morceau interprété lors du concert, « Vent poussière », sublime morceau dont le titre illustre bien l’aspect aérien et sableux. Tempête jaune et piquante soufflée par le saxophone et la batterie, puis accalmie poisseuse suggérée par les deux contrebasses. Magique.

Comme un cadeau n’arrive jamais seul, des morceaux d’Henri Texier ont été réinterprétés (« The Band Over The Clouds », « Tonic Tony », qui aurait pû être renommé « Tonic Sean », « Desaparecido » et « Grasse Matinée Blues », que je ne connaissais pas).

Pour terminer sur le track listing, signalons une merveilleuse version de « God Bless The Child » de Billie Holiday, que le Red Route Quartet avait déjà magnifiée dans l’album « Love Song Reflexions ».

Enorme.

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