17 novembre 2009

"La nuit du Jazz" au Théâtre de l'Apostrophe



Dans le cadre du Festival « Jazz au fil de l’Oise », le théâtre des Louvrais accueillait trois formations très différentes.

La soirée a débuté avec le duo Chloé Levy/Yannick Delez (Voix, Piano).

Jolie entrée en matière avec ce duo dont la musique est chargée d’émotion. Chloé Levy, chanteuse aux influences plurielles, nourrit son chant de Blues, de folklores (d’ici, de là bas, d’ailleurs aussi…), de chant lyrique et de Jazz bien sûr.

Sa maîtrise vocale et son sens du placement lui permettent toutes les audaces, et chaque morceau est abordé différemment, entre attaques haut-perchées, murmures, onomatopées ou phrasé très profond (« You don’t know what love is »).

Son chant est porté et mis en valeur par l’accompagnement mélancolique du subtil pianiste Yannick Delez, adepte d’un jeu tout en arpèges ou les figures rythmiques tournent sur elles-mêmes et finissent par envoûter. La précision de son toucher et la beauté de ses arabesques contribuent au raffinement de l’ensemble.

A découvrir, si ce n’est déjà fait. (Un album est disponible, « Leinicha »).



La seconde partie était assurée par le quartet de Daniel Humair, avec son complice Sébastien Boisseau à la contrebasse, Vincent Peirani à l’accordéon et Emile Parisien au saxophone soprano.

Changement de décor et déferlante d’énergie brute, de créativité et d’intelligence musicale.

Le répertoire de ce set a permis à cette formation enthousiasmante de revisiter des compositions de différentes périodes de la carrière de Daniel Humair (« Arfia » de François Jeanneau, « Good Mood » de Joachim Kühn, « Couscous Purée » de Daniel Humair, « Dramadrôme ») et de jouer une composition de l’excellent Sébastien Boisseau (« Massilia ») ainsi qu’une composition de la trop méconnue Jane Ira Bloom (« Unicorn in captivity »).

Peu de morceaux, donc, mais des morceaux développés avec talent et implication par un patriarche et trois artistes incontournable de la scène Jazz d’aujourd’hui. Le premier se dit fier de jouer avec les trois autres. Nul ne doute que la réciproque est vraie, et le spectateur est fier de permettre à ses yeux et ses oreilles de se régaler à ce point.

Je ne reviendrai pas ici sur les nombreuses et indéniables qualités de ces quatre musiciens, mais je profite de ces quelques lignes pour effectuer un constat et formuler un souhait :

Je constate que ce quartet est une des formations les plus réjouissantes du moment.

Je souhaite qu’ils enregistrent un album et qu’ils viennent le présenter dans l’un des clubs de la rue des Lombards.

D’avance merci.



Pour clôturer la soirée, le quintet de Baptiste Trotignon (avec Mark Turner au saxophone tenor, Tom Harrell au bugle, Thomas Bramerie à la contrebasse et Frank Aghulon à la batterie) a présenté quelques compositions de l’album « Share » et une suite en cinq parties composée pour la tournée du groupe.

Focus sur un musicien que je ne connaissais que de nom : Tom Harrell. L’articulation et la simplicité de son discours couplé à la beauté magique de sa sonorité m’ont donné envie de me plonger dans son œuvre, et surtout de le voir jouer en club. A suivre…


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