27 octobre 2009

Branford Marsalis Quartet - Salle Simone Signoret à Conflans Sainte Honorine


Branford Marsalis : Saxophones Tenor et Soprano

Joey Calderazzo : Piano

Eric Revis : Contrebasse

Justin Faulkner : Batterie



Ceux qui ont écouté les albums du Quartet de Branford Marsalis ne me contrediront pas : ce groupe développe un Jazz très maîtrisé ou chaque morceau évolue en crescendo. Ballades, mid-tempo ou up-tempo,chaque titre gagne en puissance et les musiciens, outre leurs chorus souvent fameux, prennent le temps de construire des improvisations collectives très puissantes et toujours musicales.

Pour ce concert (et beaucoup d’autres je présume), Justin Faulkner remplace Jeff « Tain » Watts à la batterie, celui-ci étant occupé à défendre son propre projet.

La force de frappe du groupe ne pâtit pas de ce remplacement, Justin Faulkner trouvant naturellement sa place dans la formation.

Les quatre musiciens s’amusent bien, communiquent beaucoup, même pendant qu’ils jouent, et les petits regards, les sourires et les mots qu’ils s’échangent illustrent bien cette joie de jouer ensemble.


Branford Marsalis est un saxophoniste redoutable (on le savait, mais voir un musicien jouer « live », c’est toujours quelque chose !!....), avec un son magnifique, chaud et dense au Tenor et cristallin et aérien au Soprano. Son phrasé est impeccable et ses interventions toujours construites. Il prend le temps d’articuler son discours, laisse respirer sa musique. La force tranquille.




Il faut dire que le saxophoniste est entouré par des musiciens qui lui offrent un magnifique écrin. A l’instar de Joey Calderazzo, qui apporte beaucoup de lyrisme par son jeu à la fois Bop et romantique, main gauche percussive et main droite voyageuse sur les morceaux rapides, développement harmonique tout en nuances sur les ballades… sur le second morceau du concert, Branford Marsalis, après avoir joué le thème (Ah ! ce soprano rêveur !), se retire, va s’asseoir sur un tabouret au fond de la scène. Eric Ravis et Justin Faulkner s’estompent, jusqu’à laisser le pianiste seul. Pendant quelques minutes, Joey Calderazzo caresse son piano, et les fantômes de Bill Evans et Lennie Tristano viennent danser sur la scène. Moment de pure poésie.



Le jeu d’Eric Revis a apporté beaucoup de swing et de rondeur à l’ensemble. Des Walking Bass terriblement efficace sur les morceaux plus Bop, des lignes épurées et boisées sur les envolées lyriques, un jeu dense sur les parties plus tendues… Sa polyvalence permet au Quartet de jouer avec ces flux et reflux d’intensité, et à la musique d’être aussi vivante.





J’ai découvert Justin Faulkner lors de ce concert. Son jeu est impressionnant. A tel point que lors de ses solos, le public devenait fou, lançant à tout va des « Yeeeeehaaaa !!! » et des « Waaaaiiiiiiihh !! », sous le regard amusé de Branford Marsalis et Joey Calderazzo. Il faut dire qu’il fait plaisir à voir, ce jeune grand derrière sa toute petite batterie ! Quelle énergie ! Allez le voir, ce n’est peut être pas le batteur le plus fin (il améliorera son jeu aux balais, pas de panique), mais c’est l’un des plus jouissifs qu’il m’ait été donné de voir.


Vous l’aurez compris, le concert m’a fait grande impression. Je vous recommande de surveiller les prochaines dates de ce beau Quartet, le spectacle vaut la peine d’être vu… En attendant leur prochain passage, je vous conseil de vous plonger dans leur discographie, notamment en écoutant « Requiem », qui est à mon humble avis leur album le plus abouti.

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