23 septembre 2009

Matthieu Donarier Trio - Live Forms



Matthieu Donarier : Saxophones Tenor et Soprano

Manu Codjia : Guitare

Joe Quitzke : Batterie




Après dix ans d’existence et un album remarquable (“Optic Topic », chez Yolk), le trio de Matthieu Donarier nous revient avec un album Live enregistré sur trois dates, concerts ou « répétitions publiques », à Nantes, Saint-Nazaire puis Angers.

Depuis quelques années déjà, ces musiciens de la jeune garde française nous régalent par leurs projets ambitieux et aboutis.

Techniciens hors pair, créateurs de musiques avérés, leur approche singulière et la recherche constante de climats et d’atmosphères uniques font que leurs projets sont attendus par de nombreux Jazzfans et que leur noms est devenu un gage de qualité.

C’est donc avec enthousiasme que j’ai arraché avec les dents le film plastique qui me séparait de ce nouvel opus.

Première surprise : derrière la sobriété noire et blanche de la pochette (magnifique) nous attend une explosion de couleurs. C’est très beau et on se régale avant même d’avoir introduit le cd dans la platine.

Play.


Dès les première secondes, un constat s’impose : la prise de son est impeccable.

Et la musique est superbe. Aérée.

Alternant des passages très denses et d’autres plus aériens, le trio joue avec l’espace.

Cet espace qui flotte entre les instruments, est parfois comblé par des avalanches de notes, parfois mis en exergue par des thèmes qui tournent autours de lui. Il sert de lien entre les trois musiciens, qui l’utilisent intelligemment pour sous-entendre leur musique.

Ces non-dits musicaux permettent à des thèmes simples et joués avec sobriété de gagner en profondeur, comme sur les titres « Au Refuge » ou « Tipperary ».

Matthieu Donarier et Manu Codjia s’amusent à échanger leurs rôles et l’un s’occupe de la rythmique lorsque l’autre décide de s’envoler. Leurs discours sont d’une exemplaire complémentarité et les morceaux évoluent sans que jamais leur structure ne soit prévisible.

Manu Codjia n’a pas son pareil pour créer des paysages sonores raffinés, ce qui permet à Matthieu Donarier de développer des idées sans avoir à faire de remplissage. Les unissons sont impeccables et, lorsque le guitariste prend un chorus, il peut s’appuyer sur un accompagnement simple et pertinent du saxophone.

Joe Quitzke fait également preuve d’une grande intelligence musicale. Il soutient, il pousse, il propose.

Bel équilibre.

Avec le culot de petits cons de la dernière averse et la sagesse des vieux cons des neiges d’antan, Matthieu Donarier et ses compères nous offrent un album d’une audace et d’une maturité qui le rendent incontournable.

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