30 septembre 2009

Julien Lourau - "Quartet Saïgon"



Julien Lourau : Saxophones Tenor et Soprano

Laurent Coq : Piano

Thomas Bramerie : Contrebasse

Otis Brown III : Batterie




Ca faisait un petit moment qu’on l’attendait, ce nouveau chapitre du grand livre de Julien Lourau!


Il faut dire que ce quartet nous avait fait une grande impression lors de leur passage à la salle Pleyel en avril, concert durant lequel nous avions pu goûter au dynamisme et au jeu « lourd » de cette formation.


C’est donc avec une bonne charge d’aprioris positifs que nous avons attendu ce disque, lorgnant systématiquement les rayons ou pages web des distributeurs de musique, parcourant fébrilement les pages « chroniques » de la presse spécialisée…


Et vous savez ce que c’est, plus on attend et plus on se pose de questions (« Va-t-il être si bon que ça, le dernier Lourau ? », « J’espère que la pochette sera bien », « Et s’il était banal, finalement ? »…)


La première écoute ne laisse pas de place aux doutes.

Le dernier Lourau est une tuerie, qu’on se le dise !


Ses qualités intrinsèques le placent illico parmi les plus beaux disques de l’année, et ce quelles que soient nos affinités musicales.


Tout est là : Des compositions soignées aux thèmes recherchés et facilement assimilables (après une première écoute, on les distingue toutes les unes des autres, ce qui n’est finalement pas si courant…), quatre musiciens (et quels musiciens !) au sommet de leur art, un son bien équilibré et surtout un jeu de groupe hors du commun.





Un lien télépathique semble s’être installé entre les membres du quartet, qui naviguent comme un seul homme entre les grilles harmoniques des morceaux.


Si bien que sur chaque titre, on assiste à une vraie montée en puissance de la musique, qui gagne en densité au fur et à mesure que les secondes défilent.


L’auditeur est donc happé par la musique et ne peut détacher son attention jusqu’à la fin du titre. Chaque morceau est un « morceau fort », il n’y a aucun temps mort, rien de superflu.


La musique est belle et ne sacrifie rien sur l’autel de l’originalité : Ni le swing, ni l’énergie ni la poésie.

Julien Lourau confirme ici qu’il est un grand créateur de musique et un saxophoniste d’une grande sensibilité. Son jeu a encore gagné en maturité, et ceux qui l’on un peu suivi savent que ce n’est pas un petit compliment.


Quand à Laurent Coq, présent sur tous les fronts en ce moment, il étonne une fois de plus par la qualité de son jeu, en tant qu’accompagnateur ou soliste, par la justesse de ses arrangements et par la finesse de ses compositions.


Demain nous parlerons sûrement d’album culte, mais pour aujourd’hui contentons-nous de qualifier « Quartet Saïgon » d’album majeur du Jazz d’aujourd’hui, un Jazz vivant d’une incontestable modernité.

2 commentaires:

Val a dit…

Waouhhhh, suis en train de découcrir ce petit (graaaand!!) dernier via deezer, et l'ai acheté illico à l'instant sur site de la fnac, puis cherchant qui compose ce quartet grandiose, je tombe sur votre blog, ou je trouve mes réponses (seule source apparemment!! bravo!)...
Déjà, je me réjouis de lire une prose musicale pertinente servie par des ...oreilles! Ensuite, comme j' adhère à 200%!!! je suis exactement en train de l'écouter, et révélation, je n'entend que du bonheur, pas une seconde d'ennui!! quel quartet!!! j'adorais déjà Louraud mais je trouve que là, sa maturité (ajoutée à celle de Coq et Bramerie, et un batteur que je ne connais pas mais qui swiiiiiingue!! )sert le jazz suprêmement, et oh que j'aime profondément les influences qu'on entend là!! Yaaah , le chorus de batterie sur Angels!! Bon, je vais poursuivre mon écoute recentrée...Sûr que ce sera un album culte!!...

Au fait, je me présente: Valérie, grande mélomane, amoureuse de jazz,silloneuse de clubs, les oreilles et le coeur gonflés de plus de 1000 concerts (en bossant), et avoue que celà faisait bien longtemps que je n'avais entendu dans le "jazz français" une telle implication à servir LA musique!...

Merci pour votre blog, il est déjà dans mes favs...keep on...

Olivier a dit…

Merci Val!