22 juin 2009

Médéric Collignon & Jus De Bocse Feat. Pierrick Pedron - « Tribute To Miles Davis »














Mederic Collignon
« Jus De Bocse » invite Pierrick Pedron

Mederic Collignon : Cornet de poche, voix, animation
Franck Woeste : Fender Rhodes
Fréderic Chiffoleau : Contrebasses
Philippe Gleizes : Batterie
Pierrick Pedron : Saxophone Alto

A l’occasion du 50eme anniversaire de la sortie de « Kind Of Blue », Jean-Michel Proust a eu la bonne idée de demander à Mederic Collignon et son excellent groupe « Jus De Bocse » de revisiter ce classique du Jazz.

Avec la folie qui le caractérise, Mederic Collignon a réussi à repenser complètement ce chef d’œuvre, en « minorisant » Blues In Green, en mixant les morceaux avec des titres ultérieurs dans la carrière de Miles (issues des sessions « Jack Johnson », « Bitches Brew », « Decoy » Etc…)

Sans jamais chercher à singer l’original, cette ébouriffante bande de joyeux drilles et leur invité ont su proposer une approche différente et résolument novatrice.Le son d’ensemble s’est avéré très dense, l’utilisation du Fender Rhodes apportant consistance et électricité, s’il en était besoin.

Ce quintet impeccable, détendu et puissant, a emporté dans son sillage tous les chanceux présents ce soir là. Et ce dès le premier morceau. Chapeau.

Je tiens ici à saluer la prestation de chacun des musiciens, qui, à défaut d’être médiatisés, peuvent tous se targuer d’avoir les épaules assez large pour jouer dans la cour des grands.



Philippe Gleizes, batteur surpuissant au jeu riche et pensé, a insufflé à la musique une pulsation Jazz-Rock-Funk mais pas que… Aussi à l’aise aux balais sur des ballades (déjà épicées) qu’aux baguettes sur les morceaux plus relevés. Précision, force de frappe, relance, dialogue. Et avec le sourire.


Fréderic Chiffoleau nous a séduits par son jeu alliant swing et groove. Toujours bien placé, développant systématiquement des lignes très mélodiques et cardiaques, incitant à la danse, il a apporté beaucoup de rondeurs à l’ensemble.




Frank Woeste et son Fender Rhodes se sont chargés d’électrifier la musique, à coups de grooves ravageurs, d’interventions subtiles et utiles. Les pédales d’effet, utilisées avec parcimonie, ont contribué à l’originalité de certains passages, sans jamais nuire ni au jeu du clavier, ni à la musique. Pas d’esbrouffe, juste de l’inspiration.

Mederic Collignon, leader charismatique et poilant de cette étourdissante formation, a prouvé une fois de plus ses talents (cornettiste brillant et inspiré, chanteur fou, contrebassiste vocal d’un soir, re-compositeur astucieux, arrangeur savant, amuseur amusé). Loin de toute caricature, la pertinence de son jeu a fait mouche. Fabuleux.

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L’invité du soir, Pierrick Pedron, s’est inscrit avec audace, humilité et décontraction dans la démarche du groupe. Etincelant, par son jeu fluide et réfléchi, par sa sonorité profonde, à la fois rauque et cristalline, il confirme (était-ce nécessaire ?) qu’il est un des saxophonistes actuels les plus intéressants. Et lorsqu’il fait parler la poudre, son phrasé ne fait pas de prisonniers.


Pour terminer, laissez-moi vous relater le petit incident de la soirée : Au début du second set, le malheureux Fréderic Chiffoleau a vu sa contrebasse « imploser ».
Ne me demandez pas de précision, mais un morceau de bois a sauté et elle était inutilisable.


Le temps d’en faire venir une autre, la formation s’est trouvée amputée de son contrebassiste pendant environ un quart d’heure.
Après avoir sorti une ou deux vannes, Mederic Collignon a eu l’ingénieuse idée d’abandonner son cornet de poche pour saisir un micro et faire la basse avec sa voix.
Puis la basse + du beat-box.
Puis la basse + du beat-box + du chant.
Puis la basse + quelques notes sur le Fender Rhodes.Puis un court passage de claquettes.


« C’est dingue ! » me direz-vous…
Oui, c’est dingue.Et représentatif de la folie de ce concert.


Nous nous souviendrons longtemps de ce beau moment de musique...

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