30 juin 2009

Manu Codjia Quintet au Sunset

Manu Codjia : Guitare
Geoffroy Tamisier : Trompette
Gueogui Kornazov : Trombone
Jérôme Regard : Contrebasse
Philippe Garcia : Batterie, Sampler, Electronics


Je débute cet article en citant Gueorgui Kornazov :
« Les très bons techniciens sont nombreux. Manu en fait partie, mais au-delà d’être un grand guitariste, il est avant tout un créateur de musique ».
Il suffit d’assister à un de ses concerts pour en être convaincu.

Sa musique est unique. Il a une façon d’écrire, d’arranger, d’interpréter la musique qui lui est propre. Sa guitare couleur miel se transforme entre ses mains à machine à faire rêver. Ses très belles compositions sont magnifiées par son approche d’une richesse inouïe. Le mélange d’influences diverses (Jazz, Rock, Funk, Reggae, Fusion…) et d’incessants éclairs de génie guitaristiques nourrissent son jeu et son groupe.


Groupe remarquable, à tous niveaux.
Encore une fois il me paraît superflu de revenir sur leurs qualités d’instrumentistes… Par contre quel son d’ensemble ! Quel swing ! Décoiffant ! Les cuivres ont développé une très large palette de sons. Très funk lorsqu’ils ont joué des riffs, ils se sont également montrés décisifs dans leurs soli, accompagnements et contrepoints divers.

Gueorgui Kornazov maîtrise une science : celle de créer la surprise. Son trombone n’est jamais où on l’attend. D’interventions rapides et pêchues en phrases alambiquées jouées « en retrait », de soli savamment construits et articulés en passages plus libres, il nous promène, nous étonne. Son phrasé et son approche, loin de tous clichés, ont contribué à la mise en relief des morceaux.




Geoffroy Tamisier a apporté beaucoup de musicalité également. Chacune de ses interventions avaient une raison d’être et à aucun moment il n’a utilisé d’effets de styles téléphonés. A deux reprises, Gueorgui Kornazov et Manu Codjia l’ont laissé s’exprimer avec le soutient de la rythmique. Dans cette configuration de trio, il a pu pleinement démontrer ses qualités de soliste. Très beaux moments.



Jérôme Regard est résolument un contrebassiste avec lequel il va falloir compter. Rythmicien impeccable, son sens du placement a joué un rôle prédominent dans l’énergie déployée par le groupe. Ajoutez un swing (et un groove !) peu commun, un langage mélodique et harmonique très riche, un son rond, boisé et puissant… Un régal !


A la batterie, au sampler et aux effets électroniques, Philippe Garcia m’a également fait une grosse impression. Son jeu très puissant et imaginatif, flirtant parfois avec des styles plus urbains (Drum & Bass ?) a largement contribué au son d’ensemble et à l’énergie du groupe. Mention spéciale pour l’utilisation intelligente de l’électronique, c’était original et intéressant !
Manu Codjia, très bien entouré vous l’aurez compris, a pu s’appuyer sur cette solide formation pour développer son jeu, créer ses ambiances. Sans jamais trop en faire, en laissant leur musique respirer, en variant la vitesse et l’intensité de leur jeu, ces cinq grands musiciens nous ont proposé 3 sets (2 bonnes heures et demie de musique tout de même) d’une qualité impressionnante.

Du beau Jazz joué par des grands musiciens… Une bien belle soirée !!

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